Inconvénients et avantages des lapins dans un écosystème.

 

A/ Inconvénients

Le lapin est un terrible rongeur. C'est en tout cas comme tel que ses adversaires le présentent. Un seul lapin mangerait 150 à 200 pieds de vigne en une seule nuit, neuf mangerait comme  deux moutons,  quinze comme une vache.

Les forêts seraient transformées en champs de pierraille. Les plantations de résineux ne résistent pas d'avantages que celles de feuillus.

Si l'on ajoute à cela que les lapins vivent sans être inquiétés dans leurs garennes ou ils pullulent, ils constituent donc un véritable fléau pour l'agriculture, mais également pour la forêt. Pour en savoir d'avantage vous pouvez consulter le chapitre IV de l'ouvrage Myxomatose : Moyen de lutte contre le lapin rongeur nuisible.

Il est facile d'affirmer.

Il vaudrait mieux prouver.

Même si M. Siriez exagère les dégâts causés par les lapins ces dégâts existent, et il serait vain  de les nier, d'autant qu'ils exaspèrent agriculteurs et forestiers. Mais  ce faisant était il nécessaire et intelligent de tenter de résoudre ce problème par une arme biologique incontrôlable ?

Ne pouvait t'on pas au contraire utiliser des moyens de lutte beaucoup plus sélectifs. Ils existent, ils sont faciles d'emploi, et ils apportent à l'agriculteur ou au forestier la compensation méritée de la perte de récolte, tout en lui permettant de limiter la "pullulation" de ce gibier qu'ils exècrent mais qu'ils aiment (en civet), même s'ils ne sont pas les seuls, car les chasseurs et autres prédateurs les aiment aussi..

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B/ Avantages

            Avec le recul du temps, on peut dire que l'introduction de la myxomatose sur notre continent en 1952 a été un événement négatif majeur, concernant la faune sauvage Européenne.

             L'effondrement de la population de lapins a en effet entraîné un report de l'ensemble des prédateurs (chasseurs compris) sur les autres espèces de gibiers, ce qui a eu pour conséquence l'effondrement de ces espèces et au-delà l'effondrement de leurs prédateurs.

            Les tentatives pour palier à ces inconvénients (créations d'élevages de gibier) ont perturbé considérablement la faune sauvage (modifications génétiques, comportementales, sanitaires...) (cf. schéma 1).

Schéma 1

Une autre conséquence de la quasi-disparition des lapins en forêt méditerranéenne a été l'accélération de la désaffection des hommes pour ces espaces. L’embroussaillement n’a pas depuis lors cessé de croître, il s’en est suivi une impossibilité totale de lutter contre tout incendie, lorsque celui-ci se déclare (schéma 2).

 

Autre conséquence de l'effondrement

de la population des lapins

LA FORET déjà embroussaillée suite à l'exode rural

et à la faible rentabilité de son sol (Forêt Méditerranéenne)

PERD ses avant derniers occupants : LES LAPINS 

et les hommes nombreux qui les chassent et les gèrent :
les cultures à gibier, les pistes, les points d'eau et les contrôles disparaissent.

Seuls restent les sangliers et quelques chasseurs.

L'embroussaillement s'accroît

 

LES INCENDIES DEVIENNENT INCONTROLABLES
APRES LEURS DECLENCHEMENTS

Schéma 2

Les surfaces brûlées par an s'accroissent dans la quasi-totalité des pays méditerranéens (schéma 3).

schéma 3

Parmi les actions à mener pour tenter de retrouver une partie de l'équilibre environnemental antérieur, s'il y a certes celles qui sont à entreprendre au niveau de l'agriculture, comme l'amélioration de la qualité des pesticides, des techniques d’élevages, etc il en existe au moins une autre complémentaire, qui consiste à lutter contre la myxomatose et la VHD du lapin sauvage. (Schéma 4)

Schéma 4

Cette dernière action est totalement indispensable au retour à l'équilibre souhaité.

- Base de la chaîne alimentaire, le lapin est en effet indispensable à la survie et au développement de toute la chaîne alimentaire des carnivore Européen. Les tentatives pour maintenir ou réintroduire ces carnivores ont comme préalable la mise à leur disposition d’une nourriture suffisante en herbivores non domestiques, c’est-à-dire, l’accroissement de la population des lapins sauvages.

- Le lapin est indispensable à la survie de la chasse (c'est l'élément de base de la chasse Européenne). En fixant les chasseurs sur le lapin, il les détourne des autres espèces gibiers.

- Le retour du lapin peut limiter les élevages de gibier et donc permettre aux espèces cynégétiques naturelles de retrouver leurs racines génétiques.

- Le retour du lapin dans les espaces naturels Méditerranéen va ramener les hommes dans ces milieux. Ces milieux seront ainsi davantage entretenus et brûleront moins facilement (En créant des cultures, des pistes, des mares, les chasseurs redeviendront les gardiens de ces espaces pendant les périodes sensibles de juin à septembre).

Conclusion : Le retour d’une population raisonnable de lapins de garenne dans les paysages naturels Européen apparaît comme un élément essentiel devant contribuer au rééquilibre faunistique et floristique de ces paysages.

Les moyens à mettre en place pour atteindre de tels résultats doivent à la fois permettre d’augmenter la population de ces animaux lorsque cela est nécessaire mais également de réguler cette population si des dégâts apparaissent.

De quels moyens parle t'on ? De la lutte contre la Myxomatose et de la VHD.

Ces deux maladies jouent t'elles un rôle dans la disparition des lapins de garenne, et si oui lequel ?

Si la réponse n'est pas évidente pour le lecteur, même après la lecture des différents chapitres I, II, III, IV, V, et VI du rapport de l'inénarrable Mr Siriez, il peut se rapporter a l'article récent intitulé :

- Impact of viral hemorrhagic disease on a wild population of European rabbits in France. Marchandeau S; Chantal J; Portejoie Y; Barraud S; Chaval Y ; Office National de la Chasse, Nantes, France. Journal of wildlife diseases  (1998 Jul),  34(3),  429-35.

Dans cette publication, les auteurs montrent en effet que les effets cumulés de la myxomatose et la VHD provoquent sur une population de lapins de garenne (l'expérience a été réalisée dans la région parisienne) une mortalité de 88% sur les adultes, et 99% sur les juvéniles.

C’est donc bien ces deux maladies qui sont pour l'essentiel responsables de la disparition des lapins de garenne en France et dans les territoires européen.

C'est donc bien à ces deux maladies qu’il faut s’attaquer comme le font L'ANCLATRA et BIOESPACE, n'en déplaise au directeur de l'ONC qui fait semblant d'oublier le rapport de Mr Siriez, et les travaux cités ci-dessus par ailleurs financés en partie par l'ONC, on se demande bien pourquoi, si c'est pour les ignorer immédiatement après leur réalisation. A moins que ces travaux ne soient que des alibis à présenter aux chasseurs pour faire croire que l'ONC se préoccupe de leurs problèmes.

 

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