6-Recherches contre la VHD.

 

1/ Ces travaux ont débuté en septembre 2003 avec le programme de recherche suivant :

RECHERCHES SUR UN VACCIN ANTI-VHD UTILISABLE POUR LA PROTECTION DES POPULATIONS DE LAPINS DE GARENNE SANS AVOIR À LES CAPTURER. 

Préambule :

Le laboratoire BIO-ESPACE a dans le passé dirigé les recherches avec pour objectif :

"Vaccination des populations de lapins sauvages contre la myxomatose sans avoir à les capturer."

Ces recherches ont aboutit à la mise au point du procédé connu et efficace contre la myxomatose. BIO-ESPACE est engagé dans la recherche de légalisation de ce procédé.

Le laboratoire BIO-ESPACE a décidé d'entamer un programme de recherche contre la VHD. Comme dans le passé BIO-ESPACE coordonne les travaux de plusieurs laboratoires complémentaires oeuvrant dans la direction souhaitée par les chasseurs.

Nous présentons ci-dessous les raisons pour lesquelles il a été nécessaire et possible de reprendre ces travaux contre la VHD

Rappels bibliographiques

Depuis sa découverte en Chine en 1984 (Liu 1984) le virus de la maladie hémorragique du lapin (VHD) s'est rapidement propagée à travers l'Europe. Du fait de sa grande contagiosité et des forts taux de mortalité tant dans les élevages de lapins domestiques que dans les populations de lapins de garenne, ce virus a fait l'objet de nombreuses recherches en vue de développer un vaccin. Le séquençage de plusieurs souches du VHD (Meyers, Wirblich et al. 1991), (Rasschaert, Huguet et al. 1995), (Gould, Kattenbelt et al. 1997) a montré une organisation de son génome permettant de le classer dans la famille des Caliciviridae,(Green 2000) organisation très voisine de celle du virus de l'Hépatite C humaine (VHC) (Flaviviridae). Le génome viral, un RNA d'environ 7.5 kb est traduit en une polyprotéine qui est découpée en plusieurs protéines non structurales et une seule protéine de capside, la VP60.

Les tentatives de développement d'un vaccin ont consisté :

            1/ à faire exprimer la protéine de capside VP60 par un baculovirus, ce qui a conduit à la production de particules d'allure virale (VLPs) dont le pouvoir immunogène a été démontré sur le lapin domestique (Laurent, Vautherot et al. 1994), (Plana-Duran, Bastons et al. 1996), (Sibilia, Boniotti et al. 1995).

            2/ soit à faire exprimer la protéine de capside VP60 par un poxvirus recombinant comme par exemple une souche atténuée du virus myxomateux. (Bertagnoli, Gelfi et al. 1996), (Bertagnoli, Gelfi et al. 1996) (Fischer, Le Gros et al. 1997) (Bertagnoli, Gelfi et al. 1996); (Torres, Ramirez et al. 2000) (Torres, Sanchez et al. 2001), (Barcena, Morales et al. 2000).

            3/ soit à produire un vaccin anti VHD dans le tabac ou la pomme de terre en faisant exprimer la protéine VP60 insérée dans un virus de plante (Fernandez-Fernandez, Mourino et al. 2001).

Les travaux dont le monde de la chasse à parlé portent sur le point (2) et l'utilisation d'un virus myxomateux recombiné. Ces travaux présentent de nombreux points d’ombre tels que, le rôle de la résistance des lapins à la myxomatose, la grandeur des cages utilisées, paramètre très important dans le phénomène de transmission, la nature même de la transmission de lapin à lapin, ce qui laisse planer un sérieux doute sur la maîtrise du procédé sur le terrain.

Contrairement à ce qui a été annoncé, la demande d'autorisation de mise sur le marché du vaccin recombinant Espagnol n'a pas encore été formulée, le dossier reste incomplet.

Il est néanmoins souhaitable que les Espagnols obtiennent une autorisation de mise sur le marché de ce vaccin. Cette autorisation ouvrira les portes à des demandes ultérieures.

Ainsi, bien qu'encourageantes, ces tentatives n'ont pas permis à ce jour de proposer un moyen de vaccination efficace contre le VHD par dispersion d'un produit vaccinant.

Direction des recherches entreprises par BIO-ESPACE.

Au vu des résultats antérieurs, BIO-ESPACE a repris les recherches dans trois directions complémentaires.

1- La première direction consiste à vouloir insérer dans le génome d'un virus myxomateux, la séquence d'une souche sauvage de VHD codant pour la protéine VP60. L'efficacité de ce virus recombinant sera testée en laboratoire soit par inoculation directe, soit par vection par des puces selon la technique mise au point par BIO-ESPACE.  

2- La deuxième direction consiste à rechercher un vaccin à partir de souches virales naturelles atténuées. Plusieurs travaux ont montré en effet que le virus de la VHD, comme son homologue chez l'homme le VHC, a une capacité de mutation très grande (Le Gall-Recule, Zwingelstein et al. 2001). De plus il a été montré que suite à des épizooties dans les populations de lapins sauvages, les survivants sont capables de véhiculer des souches atténuées conférant aux lapins non immunisés une protection efficace (White, Norman et al. 2002).

3- La troisième direction de recherche consiste à obtenir des cultures cellulaires sensibles permettant de multiplier le virus. Pour réaliser facilement des mutations diminuant le pouvoir pathogène des souches sauvages et analyser l'effet de ces mutations, il faut en effet disposer d'une lignée cellulaire permissive. Nous tenterons en conséquence la production de cultures cellulaires primaires à partie de tissus de lapin et des essais d'infection de ces cultures par une souche de VHD isolée à partir de lapins sauvages.

Ces différentes approches, reprenant les résultats précédents, sont très récemment devenues réalistes en raison de la mise en évidence de transfecteurs de gènes efficaces (Takuro, N.2000) (Choi Joon Sig, et al 2000).

Le Pr Commeyras coordonne les travaux d'un laboratoire de chimie organique, qui réalise la synthèse des transfecteurs de gènes, et ceux d'un laboratoire de virologie qui les utilise avec les objectifs ci-dessus mentionnés.

Programme des travaux :

            Les directions de recherche (1), (2), et (3) sont entreprises simultanément. Elles ne vont pas progresser à la même vitesse. Il est raisonnable de penser qu'un recombinant sera obtenu rapidement (pendant l'année 2003-2004) sans présumer du temps nécessaire à la réalisation des test d'efficacité.

De nombreuses questions se poseront à ce moment là pour savoir ce que nous pourrons en faire.

 Les directions de recherches (2) et (3) pourraient nécessiter des délais plus longs.

Bibliographie

Barcena, J., M. Morales, et al. (2000). "Horizontal transmissible protection against myxomatosis and rabbit hemorrhagic disease by using a recombinant myxoma virus." J Virol 74(3): 1114-23.

Bertagnoli, S., J. Gelfi, et al. (1996). "Protection against myxomatosis and rabbit viral hemorrhagic disease with recombinant myxoma viruses expressing rabbit hemorrhagic disease virus capsid protein." J Virol 70(8): 5061-6.

Bertagnoli, S., J. Gelfi, et al. (1996). "Protection of rabbits against rabbit viral haemorrhagic disease with a vaccinia-RHDV recombinant virus." Vaccine 14(6): 506-10.

Choi Joon Sig, Joo Dong Kyoon, Kim Chang Hwan, Kim Kwan and Park Jong Sang:2000, Synthesis of a Barbell-Like Triblock Copolymer, Poly(L-Lysine) Dendrimer-Bloc-Poly(Ethylene Glycol)-Bloc-Poly(L-Lysine) Dendrimer, and Its Self-Assembly with Plasmid DNA, Journal of American Chemical Society. 122, 474-480.

Fernandez-Fernandez, M. R., M. Mourino, et al. (2001). "Protection of rabbits against rabbit hemorrhagic disease virus by immunization with the VP60 protein expressed in plants with a potyvirus-based vector." Virology 280(2): 283-91.

Fischer, L., F. X. Le Gros, et al. (1997). "A recombinant canarypox virus protects rabbits against a lethal rabbit hemorrhagic disease virus (RHDV) challenge." Vaccine 15(1): 90-6.

Gould, A. R., J. A. Kattenbelt, et al. (1997). "The complete nucleotide sequence of rabbit haemorrhagic disease virus (Czech strain V351): use of the polymerase chain reaction to detect replication in Australian vertebrates and analysis of viral population sequence variation." Virus Res 47(1): 7-17.

Green, K. I., Ando, T., Balayan, M.S., Clarke, I.N., Estes, M.K., Matoson, D.O., Nakata, S., Neill, J.D., Studdert, M.J., Thiel, H.J., (2000). "Caliciviridae in : Van Regenmortel, M., Fauquet, C.M., Bishop, D.H.L., Carsten, E., Estes, M.K., Lemon, S.M., Maniloff, J., Mayo, M., Mc Geoch, D., Pringle, C.R., Wickener R. (Eds.)." Virus taxonomy : 7th Report of the International Committee on Taxonomy of Viruses. Academic Press, Orlando, FL.

Laurent, S., J. F. Vautherot, et al. (1994). "Recombinant rabbit hemorrhagic disease virus capsid protein expressed in baculovirus self-assembles into viruslike particles and induces protection." J Virol 68(10): 6794-8.

Le Gall-Recule, G., F. Zwingelstein, et al. (2001). "Immunocapture-RT-PCR assay for detection and molecular epidemiology studies of Rabbit Haemorrhagic Disease and European Brown Hare Syndrome viruses." J Virol Methods 97(1-2): 49-57.

Liu, S. J., Xue, H.P., Pu, B.Q., Qian, S.H (1984). "A new viral disease in rabbits." Anim.Husb.Vet.Med. 16: 253-255.

Meyers, G., C. Wirblich, et al. (1991). "Rabbit hemorrhagic disease virus--molecular cloning and nucleotide sequencing of a calicivirus genome." Virology 184(2): 664-76.

Plana-Duran, J., M. Bastons, et al. (1996). "Oral immunization of rabbits with VP60 particles confers protection against rabbit hemorrhagic disease." Arch Virol 141(8): 1423-36.

Rasschaert, D., S. Huguet, et al. (1995). "Sequence and genomic organization of a rabbit hemorrhagic disease virus isolated from a wild rabbit." Virus Genes 9(2): 121-32.

Sibilia, M., M. B. Boniotti, et al. (1995). "Two independent pathways of expression lead to self-assembly of the rabbit hemorrhagic disease virus capsid protein." J Virol 69(9): 5812-5.

Takuro, N., Mio, O., Toshiya, H., Akihiro, W. and Haruhiko, A.:2001, Method of Gene Delivery into Cells Using Dendritic Poly(L-Lysine)S., peptide science 2000(37th), 201-204

Torres, J. M., M. A. Ramirez, et al. (2000). "Safety evaluation of a recombinant myxoma-RHDV virus inducing horizontal transmissible protection against myxomatosis and rabbit haemorrhagic disease." Vaccine 19(2-3): 174-82.

Torres, J. M., C. Sanchez, et al. (2001). "First field trial of a transmissible recombinant vaccine against myxomatosis and rabbit hemorrhagic disease." Vaccine 19(31): 4536-43.

White, P. J., R. A. Norman, et al. (2002). "Epidemiological consequences of a pathogen having both virulent and avirulent modes of transmission: the case of rabbit haemorrhagic disease virus." Epidemiology and Infection 129(3): 665-677.

Budget nécessaire à la réalisation de ce programme de recherche.

Salaire annuel charges comprise d'un Docteur es science

              60 000 euros

Frais de fonctionnement annuel d'un docteur es science DANS UN LABORATOIRE.

              30 000 euros

Total TTC 90 000 euros par an

Pour Etre crédible la durée de ce programme de recherche doit Etre de 5 ans.

 

A ces moyens doivent s'ajouter ceux nécessaires au fonctionnement du laboratoire de bioespace produisant les puces (60 000 euros). N'oublions pas que les puces de lapin que nous produisons sont le vecteur indispensable à la transmission du vaccin contre la myxomatose, et qu'elles seront également indispensables pour transmettre le vaccin contre la VHD.

 

Nous avons donc besoin d'un total de 150 000 euros pour poursuivre nos recherches.

                                                                          Professeur Auguste Commeyras    

2/ Lors de l'assemblée générale de l'association (Avril 2004) le point sur les résultats obtenus a été présenté via le diaporama suivant : cliquer ici pour visualiser ce diaporama.

3/ Lors de l'assemblée générale de l'association (Mars 2005) le point sur les résultats obtenus a été présenté via le diaporama suivant : cliquer ici pour visualiser ce diaporama.